Choisir une solution de criblage des sanctions ne consiste pas simplement à vérifier qu’un éditeur dispose de listes et d’un moteur de rapprochement. Il faut comprendre quelles données sont exploitées, comment les correspondances sont détectées, combien d’alertes devront être analysées et quelles preuves pourront être produites plusieurs mois plus tard.
Les équipes conformité doivent par ailleurs prendre en compte plusieurs cadres réglementaires distincts. La LCB-FT prévoit notamment des obligations de vigilance spécifiques concernant les personnes politiquement exposées (PPE). Les sanctions internationales et les mesures de gel des avoirs relèvent, quant à elles, de dispositifs juridiques spécifiques, même si ces contrôles sont souvent réunis dans les mêmes processus et outils de conformité.
Dans cet article, le criblage désigne principalement le rapprochement de personnes ou d’entités avec des référentiels sensibles. Le filtrage de flux ou de messages financiers constitue un usage distinct, même si les technologies de rapprochement présentent des points communs.
Pour AP Solutions IO, une bonne consultation ne doit donc pas comparer des promesses commerciales mais des capacités mesurables : couverture, paramétrage, explicabilité, intégration et traçabilité.
Dix critères permettent de structurer cette comparaison.
Pourquoi utiliser une grille pour choisir un logiciel de criblage des sanctions ?
Deux éditeurs peuvent proposer une logique floue, un recriblage du portefeuille, une API et une interface de gestion des alertes tout en produisant des résultats très différents.
La présence d’une fonctionnalité ne renseigne pas, à elle seule, sur sa profondeur de paramétrage, la qualité des données qui l’alimentent, son comportement sur votre portefeuille ou la charge qu’elle générera pour les analystes.
Une grille permet donc de passer de la question « cette fonctionnalité existe-t-elle ? » à des questions plus utiles :
- comment fonctionne-t-elle ?
- sur quelles données ?
- avec quel niveau de paramétrage ?
- quels résultats peut-on mesurer ?
- quelles informations sont conservées ?
- quels éléments sont contractuellement engagés ?
C’est cette logique que nous privilégions avec AP Solutions IO : le choix d’un moteur doit pouvoir être évalué au regard de critères concrets, y compris lorsque plusieurs solutions concurrentes sont étudiées.
Les 10 critères pour comparer les solutions de criblage
| N° | Critère | Ce qu’il faut examiner | Question utile à poser |
| 1 | Référentiels couverts | Sanctions, gels des avoirs, PPE et autres données pertinentes | Quels référentiels sont réellement inclus ? |
| 2 | Fraîcheur des données | Délai de prise en compte des évolutions | Comment les mises à jour sont-elles intégrées ? |
| 3 | Sources de données | Fournisseurs, profondeur et qualité des données | Quelles sont les sources utilisées ? |
| 4 | Moteur de correspondance | Homonymies, alias, variantes, translittérations | Comment les rapprochements sont-ils calculés ? |
| 5 | Réduction des faux positifs | Critères, pondérations et possibilités de réglage | Jusqu’où le moteur peut-il être paramétré ? |
| 6 | Explicabilité | Compréhension du résultat produit | Peut-on identifier pourquoi l’alerte s’est déclenchée ? |
| 7 | Déploiement et intégration | Portail, SaaS, API, architecture du SI | Comment le moteur s’intègre-t-il aux processus ? |
| 8 | Hébergement et données | Localisation, sécurité, sous-traitants | Où et comment les données sont-elles traitées ? |
| 9 | Traçabilité et piste d’audit | Historique des actions, décisions et paramètres | Que peut-on reconstituer après plusieurs mois ? |
| 10 | Support et évolutions | Accompagnement, versions, maintenance | Comment l’éditeur accompagne-t-il la solution dans le temps ? |
La pondération de ces critères dépend du secteur, des volumes, de l’organisation du SI et du profil de risque. Notre contenu consacré aux fonctionnalités indispensables d’une solution de conformité permet de compléter cette première grille.
Critères 1 à 3 : quelles données alimentent le criblage ?
Avant d’évaluer la technologie, il faut examiner sa matière première.

1. Vérifier les référentiels réellement couverts
Le terme « couverture internationale » est trop large pour permettre une comparaison.
Il faut identifier précisément les référentiels proposés : sanctions européennes ou internationales, mesures de gel des avoirs, PPE, membres directs de leur famille et personnes connues pour leur être étroitement associées, ainsi que, selon les besoins, données de risque pays ou informations réputationnelles.
Ces données ne correspondent pas toutes au même fondement réglementaire. Elles doivent donc être évaluées en fonction du périmètre de contrôle réel de l’organisation.
Pour les sanctions, il peut également être nécessaire de vérifier la prise en compte des personnes morales, entités liées, navires, aéronefs ou autres éléments désignés selon les régimes concernés.
2. Examiner la fraîcheur des données
Une source pertinente perd une grande partie de son intérêt si elle n’est pas actualisée suffisamment rapidement.
La question doit porter sur le processus réel de mise à jour : à quelle fréquence l’éditeur récupère-t-il les nouvelles données ? Comment sont-elles intégrées ? À quel moment deviennent-elles exploitables par le moteur ?
Pour les sanctions et le gel des avoirs, cette réactivité est particulièrement importante puisque les organismes concernés doivent être capables de prendre en compte les nouvelles désignations avec la célérité requise.
3. Identifier les sources et les fournisseurs de données
Une solution de criblage peut utiliser ses propres bases, des référentiels publics, des fournisseurs spécialisés ou plusieurs sources combinées.
Il faut alors comprendre :
- quelles sources sont utilisées ;
- quelles populations elles couvrent ;
- comment les données sont enrichies ;
- comment sont gérés les doublons éventuels ;
- comment l’éditeur assure la continuité de cette couverture.
AP Solutions IO s’appuie notamment sur des partenariats avec Dow Jones et Acuris/ION Analytics pour les données relatives aux PPE, aux sanctions et à l’AML. Nous complétons ainsi notre technologie de détection par des fournisseurs de données spécialisés disposant d’une couverture mondiale.
Critères 4 à 6 : comment évaluer la qualité du moteur ?
Une fois les données identifiées, il faut tester la manière dont elles sont rapprochées de votre portefeuille. Le meilleur test consiste à utiliser des cas représentatifs des données que vos équipes traiteront réellement.
4. Tester les homonymies, alias et translittérations
Une translittération consiste à transcrire un nom d’un système d’écriture dans un autre. Un même nom arabe, cyrillique ou asiatique peut ainsi disposer de plusieurs graphies latines légitimes.
Un moteur trop strict peut manquer certaines variantes. Un moteur trop permissif peut au contraire produire un nombre excessif d’homonymies.
La question n’est donc pas de savoir si l’éditeur annonce une logique floue, mais comment cette logique réagit aux variations présentes dans vos données.
Pour AP Solutions IO, cette granularité fait partie du cœur du moteur : AP Scan peut détecter des correspondances malgré des approximations orthographiques tout en utilisant des informations complémentaires pour réduire les rapprochements non pertinents.
5. Évaluer les leviers de réduction des faux positifs
Un faux positif est une correspondance qui paraît pertinente au moment de la détection mais que l’analyse permet finalement d’écarter.
Le bon critère n’est pas uniquement un pourcentage annoncé. Il faut comprendre sur quelles données le moteur peut s’appuyer et quels paramètres l’organisation peut ajuster.
Date de naissance, pays, nationalité, identifiants, variantes de noms ou autres informations peuvent aider à différencier deux personnes portant des noms proches.
Avec AP Solutions IO, notre moteur dispose de plus de 90 critères de paramétrage. Selon les configurations et les cas d’usage, notre technologie peut atteindre jusqu’à 98 % de réduction des faux positifs.
Ce résultat ne doit pas être interprété comme une garantie uniforme. La performance dépend des données d’entrée, des référentiels, du périmètre et des réglages retenus.
Notre guide consacré aux leviers permettant d’identifier et de réduire les faux positifs revient précisément sur cet équilibre entre réduction du bruit et capacité de détection.
6. Vérifier l’explicabilité du résultat
Un score n’est réellement exploitable que si l’équipe comprend ce qui l’a produit.
Lors de la démonstration, il faut donc demander à examiner une alerte et à identifier les éléments qui ont contribué à la correspondance.
Cette exigence correspond directement à la philosophie d’AP Solutions IO. Notre Intelligence Augmentée Glass Box vise à conserver une logique explicable et traçable : l’analyste doit pouvoir comprendre les facteurs ayant conduit à une alerte au lieu de recevoir uniquement une décision opaque.
Notre contenu sur l’auditabilité et l’explicabilité des systèmes AML approfondit cette question.
Critères 7 et 8 : comment la solution s’intègre-t-elle dans votre architecture ?
Une excellente détection peut perdre une grande partie de son intérêt si son déploiement crée une rupture avec les processus métiers.
7. Examiner le mode d’intégration
Le SaaS, l’API et l’on-premise ne désignent pas exactement la même chose.
Le SaaS décrit principalement un mode d’hébergement et d’exploitation. Une API constitue un mode de communication entre la solution et les applications existantes. Une solution SaaS peut donc être utilisée via un portail ou appelée directement par API.
Les questions utiles sont :
- quelles applications doivent déclencher le contrôle ?
- quelles données doivent être transmises ?
- où le résultat doit-il apparaître ?
- comment une alerte rejoint-elle l’équipe conformité ?
- quel effort d’intégration est nécessaire côté SI ?
AP Solutions IO propose des solutions en SaaS et full API, avec une interface Web et une architecture ouverte. Notre technologie et nos possibilités d’intégration permettent notamment des appels depuis un SI, un CRM ou des environnements KYC et KYS.
8. Vérifier l’hébergement et la gouvernance des données
Il faut connaître la localisation des données, les prestataires intervenant dans leur traitement, les mesures de sécurité et les conditions de réversibilité.
Pour les entités financières relevant de DORA, applicable depuis le 17 janvier 2025, les arrangements contractuels portant sur des services TIC fournis par des prestataires tiers doivent notamment être recensés dans un registre d’informations.
Les exigences relatives aux contrats avec certains prestataires TIC portent parallèlement sur différents éléments tels que la localisation, l’accès aux données, la sous-traitance ou les conditions de sortie selon le service concerné.
Il faut donc distinguer le registre DORA des clauses contractuelles exigées par le règlement, plutôt que de les présenter comme un même document.
AP Solutions IO héberge les données traitées par ses solutions en France. Ce choix s’inscrit dans notre approche de maîtrise, de sécurité et de souveraineté des données, sans prétendre qu’un hébergement français constitue à lui seul une garantie de conformité ou de performance.
Critères 9 et 10 : que reste-t-il après le contrôle ?
Une solution ne doit pas seulement détecter. Elle doit aussi permettre de comprendre ce qui a été fait et par qui.
9. Tester réellement la piste d’audit
Il est utile de demander à l’éditeur de montrer comment retrouver un ancien contrôle.
Selon le dispositif, il peut notamment être nécessaire de retrouver :
- la date du contrôle ;
- les données ou référentiels utilisés ;
- l’alerte obtenue ;
- les actions réalisées ;
- l’utilisateur intervenu ;
- la décision et sa justification ;
- les éléments de contexte disponibles.
AP Scan prévoit une traçabilité systématique des actions effectuées. Pour AP Solutions IO, la piste d’audit n’est pas une fonction ajoutée après la détection : elle fait partie de la manière dont nous concevons un résultat exploitable par les équipes conformité.
Il faut toutefois vérifier séparément les règles de conservation applicables à votre organisation et la manière dont la solution permet de les mettre en œuvre.
10. Examiner le support et le cycle d’évolution
La vie d’un logiciel ne s’arrête pas à sa mise en production.
Il faut examiner la disponibilité du support, ses langues, son niveau d’expertise, mais également la manière dont l’éditeur fait évoluer son produit.
Cette notion doit être distinguée de la fraîcheur des listes. La première concerne les versions et fonctionnalités du logiciel ; la seconde concerne les données utilisées par le criblage.
Avec AP Solutions IO, nous déployons une nouvelle version de l’application environ tous les quatre mois. En mode SaaS, ces évolutions sont mises à disposition sans demander au client de gérer lui-même une montée de version de l’infrastructure.
Le prix de licence suffit-il pour comparer deux solutions ?
Non. Le coût réel comprend plusieurs éléments supplémentaires.
Il faut notamment tenir compte de :
- l’intégration au système d’information ;
- la configuration et le calibrage initiaux ;
- la charge liée au traitement des alertes ;
- les ressources consacrées aux évolutions ;
- le support ;
- l’exploitation technique lorsque celle-ci reste à la charge du client.
Un moteur qui paraît moins coûteux à l’achat mais produit beaucoup plus de faux positifs peut mobiliser davantage d’analystes pendant toute la durée du contrat.
À l’inverse, une architecture plus intégrée peut demander un investissement initial supérieur mais réduire certaines opérations manuelles.
Comparer le coût total suppose donc de raisonner sur une durée et un périmètre identiques.

Comment comparer les éditeurs en pratique ?
La grille n’est utile que si les candidats sont placés dans des conditions comparables.
Poser les mêmes questions
Il est préférable d’adresser les mêmes questions aux différents éditeurs et de conserver leurs réponses par écrit.
Il faut ensuite distinguer clairement :
- ce que la solution peut techniquement faire ;
- ce qui est inclus dans l’offre proposée ;
- ce qui fait l’objet d’une configuration spécifique ;
- ce qui constitue un engagement contractuel.
Cette méthode réduit le poids d’une démonstration particulièrement réussie dans la décision finale.
Tester sur des données représentatives
Le test doit inclure des situations réellement difficiles pour l’organisation : noms fréquents, données incomplètes, variantes orthographiques, translittérations ou autres cas ayant historiquement généré du bruit.
Mesurez ensuite :
- le nombre d’alertes générées ;
- la pertinence des rapprochements ;
- la capacité à comprendre les résultats ;
- le temps nécessaire pour analyser une alerte ;
- la facilité à retrouver et documenter une décision.
Chez AP Solutions IO, nous considérons qu’un moteur doit être évalué sur les contraintes du portefeuille réel et non uniquement sur une démonstration préparée à l’avance.
Associer les utilisateurs qui traiteront les alertes
Une solution techniquement performante peut devenir difficile à exploiter si l’interface ou le processus de traitement sont mal adaptés.
Les analystes peuvent notamment évaluer la lisibilité des informations, le nombre d’actions nécessaires pour qualifier une alerte et la facilité à retrouver l’historique d’un dossier.
Leur retour complète donc celui de la conformité, du juridique, des achats et du système d’information.
Comment AP Solutions IO répond à cette grille de sélection ?
Ces dix critères peuvent servir à comparer un éditeur international, une solution historique ou une RegTech française comme AP Solutions IO.
Notre positionnement repose notamment sur une Intelligence Augmentée Glass Box, un moteur disposant de plus de 90 critères de paramétrage, des partenariats de données avec Dow Jones et Acuris/ION Analytics, une architecture SaaS et full API, une traçabilité systématique et un hébergement des données en France.
Pour le criblage des personnes et entités sensibles, AP Scan permet notamment la détection des sanctions, gels des avoirs, PPE et risque réputationnel. Pour le filtrage de flux au regard des sanctions internationales et des embargos, AP Filter répond à un autre usage de la suite.
L’objectif n’est pas de cocher les dix cases sur une plaquette. Pour AP Solutions IO, une solution de conformité doit permettre de comprendre ce qu’elle détecte, pourquoi elle le détecte et comment cette décision pourra être retrouvée et justifiée.
Pour confronter ces caractéristiques à votre propre grille, vous pouvez examiner les différentes solutions d’AP Solutions IO ou échanger avec notre équipe sur votre projet de criblage.

