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TRACFIN : fonctionnement, déclarations de soupçon et bonnes pratiques

Une déclaration de soupçon insuffisamment motivée, mal cadrée ou transmise hors délai fragilise immédiatement votre dispositif de conformité LCB-FT sur le plan réglementaire. Chez AP Solutions IO, nous vous aidons à transformer cette obligation en une procédure claire, traçable et directement exploitable par vos équipes. L’objectif est simple : qualifier le soupçon avec méthode, consigner l’analyse, puis justifier chaque décision en cas de contrôle, d’audit interne ou d’inspection.

 

Qu’est-ce que TRACFIN ? Rôle, rattachement et missions

 

TRACFIN signifie « Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins ». Il s’agit du service de renseignement financier relevant de Bercy, placé sous l’autorité du ministère chargé de l’économie. Pour les professionnels assujettis, TRACFIN occupe une place centrale dans le dispositif. Le service constitue à la fois la cellule nationale de renseignement financier et un service de renseignement du premier cercle.

Ses missions portent notamment sur la lutte contre la criminalité économique et financière, la fraude aux finances publiques et la protection des intérêts fondamentaux de la Nation. Ce positionnement institutionnel éclaire la portée réelle de la déclaration de soupçon. Celle-ci ne relève pas d’une simple formalité administrative. Elle alimente directement le renseignement financier.

Le portail officiel de TRACFIN indique d’ailleurs que 50 professions sont assujetties au dispositif LCB-FT, soit près de 230 000 professionnels concernés, et que le service a reçu plus de 211 000 déclarations de soupçon en 2024. L’enjeu est donc très concret. Il concerne votre capacité à détecter une situation atypique, à l’analyser avec rigueur, puis à transmettre une information utile, au bon moment, avec un niveau d’argumentation suffisant.

 

conformité créatrice

 

Déclaration de soupçon : qui déclare, à quel moment, selon quelles modalités et sur quels critères ?

 

Le cadre juridique repose d’abord sur l’article L. 561-15 du Code monétaire et financier. Les personnes mentionnées à l’article L. 561-2 doivent déclarer à TRACFIN les sommes ou opérations dont elles savent, soupçonnent ou ont de bonnes raisons de soupçonner qu’elles proviennent d’une infraction punie d’une peine privative de liberté supérieure à un an. 

Elles doivent également effectuer cette déclaration lorsqu’elles estiment que ces sommes ou opérations sont liées au financement du terrorisme. Le texte vise également la fraude fiscale, dès lors qu’au moins un critère défini par décret est réuni. Il couvre enfin les situations révélées à l’issue d’un examen renforcé, ainsi que les tentatives d’opérations.

Le point le plus souvent mal compris tient à l’absence de seuil déclaratif universel. La loi ne fixe aucun montant minimal pour effectuer une déclaration de soupçon. Le raisonnement ne peut donc pas se fonder uniquement sur le volume financier. Il doit s’appuyer sur la connaissance du client, le contexte de l’opération, les incohérences relevées, la géographie, les flux, le comportement observé et votre capacité à étayer l’analyse.

C’est précisément à ce stade que surgissent les difficultés opérationnelles. Trop d’organisations continuent d’associer mécaniquement montant élevé et soupçon. D’autres attendent un niveau de preuve quasi pénal avant d’agir. Cette approche est inadaptée. 

La bonne méthode consiste à appliquer une approche par les risques. Vous n’avez pas à qualifier vous-même l’infraction sur le terrain pénal. En revanche, vous devez être en mesure de démontrer que votre dispositif de vigilance, vos diligences et votre analyse ont fait émerger un soupçon fondé. À défaut, un manquement à l’obligation de vigilance et de déclaration peut engager la responsabilité du professionnel.

 

Procédure : dépôt sur ERMES, contenu de la DS et délais

 

La règle de principe est claire : la déclaration de soupçon doit être transmise avant l’exécution de l’opération, afin de permettre à TRACFIN d’exercer, si nécessaire, son droit d’opposition. Le professionnel doit alors s’abstenir d’exécuter l’opération suspecte.

Une transmission après l’exécution de l’opération demeure toutefois possible dans trois hypothèses : lorsqu’il est impossible d’en différer l’exécution, lorsqu’un report risquerait de nuire à des investigations en cours, ou lorsque le soupçon n’apparaît qu’après sa réalisation. Dans ces situations, l’information doit être adressée à TRACFIN dès que le soupçon est constitué.

En pratique, la voie normale de transmission passe désormais par ERMES, la plateforme sécurisée de déclaration en ligne de TRACFIN. Un arrêté du 23 janvier 2025 en a généralisé l’usage à l’ensemble des professionnels assujettis. 

La déclaration dactylographiée n’est plus admise qu’en cas d’urgence ou d’indisponibilité de la plateforme. ERMES est réservée aux professionnels autorisés à déclarer. Elle permet également des échanges de fichiers avec TRACFIN, notamment dans le cadre de l’exercice de son droit de communication.

Avant tout envoi, vous devez avoir désigné un déclarant et un correspondant. Le déclarant transmet la déclaration et le correspondant assure le lien avec TRACFIN, reçoit les accusés de réception et traite les demandes complémentaires. Cette organisation reste encore trop souvent négligée. Elle devient pourtant décisive dès qu’un dossier sensible exige un suivi précis, une chronologie fiable et des réponses documentées.

S’agissant du contenu, la déclaration de soupçon doit comporter les informations d’identification du déclarant, celles relatives au client ou au bénéficiaire effectif, ainsi que l’analyse qui fonde le soupçon. Tout fait nouveau de nature à confirmer, nuancer ou modifier la déclaration doit ensuite être communiqué à TRACFIN. Une DS utile ne se réduit donc jamais à une simple liste d’anomalies. Elle repose sur une analyse argumentée, reliée aux faits, aux flux, aux documents et à votre connaissance de la relation d’affaires.

 

Bonnes pratiques : détection, traçabilité et protection du déclarant

 

Dans les faits, la difficulté apparaît souvent avant même l’envoi de la DS. Un signal faible est détecté, puis les hésitations commencent. Le dossier circule, les données KYC sont dispersées, la logique de scoring reste difficile à lire et les alertes s’accumulent. Lorsque vient le moment de justifier la décision, la chaîne de preuve interne fait défaut : qui a vu quoi, à quelle date, sur la base de quels éléments, et avec quel niveau de validation ?

C’est précisément ce déficit documentaire qui fragilise votre dispositif de conformité en matière de LCB-FT. Chez AP Solutions IO, nous défendons une approche transparente et explicable de la conformité LCB-FT, dans une logique dite Glass Box. Pour une déclaration de soupçon, cela signifie que vous devez pouvoir reconstituer l’intégralité du raisonnement : source de l’alerte, critères retenus, enrichissements effectués, arbitrage humain, pièces ajoutées au dossier, date de décision et circuit de validation.

Cette exigence répond à un besoin opérationnel immédiat et correspond également à une attente de plus en plus marquée des régulateurs en matière de traçabilité. Cette exigence s’impose tout particulièrement lorsque l’intelligence artificielle, la surveillance des transactions, le KYC, le KYB, les sanctions et les personnes politiquement exposées (PPE) interviennent dans une même chaîne de décision.

La confidentialité constitue un autre point central. La déclaration de soupçon est couverte par un principe de secret qui couvre son existence, à son contenu et à ses suites. Le déclarant ne peut donc pas informer son client qu’une DS a été émise, ni la divulguer librement à des tiers. La violation de ce secret est pénalement sanctionnée.

En parallèle, le déclarant bénéficie d’une protection forte lorsqu’il agit de bonne foi. Le Code monétaire et financier écarte certaines poursuites pénales, limite certaines actions en responsabilité civile et interdit plusieurs mesures préjudiciables ou discriminatoires en matière d’emploi. Cette protection constitue une garantie essentielle pour les professionnels soumis à l’obligation déclarative.

 

contrôle intelligence augmentée

 

Automatiser la détection des opérations suspectes

 

L’automatisation n’a d’intérêt que si elle améliore votre capacité à expliquer la décision prise. Un moteur opaque, qui génère des alertes sans logique intelligible, ne résout rien dans la durée. Il reporte la charge sur les analystes, augmente les faux positifs et allonge les délais de traitement.

À l’inverse, une RegTech efficace doit relier détection, scoring, surveillance des transactions et documentation du raisonnement dans un cadre que vos équipes peuvent réellement exploiter. Chez AP Solutions IO, nous avons conçu cette logique pour les directions de conformité, les RCCI, les RSCI, les MLRO et les responsables KYC/LCB-FT soumis à une forte contrainte réglementaire.

Notre solution SaaS, pensée pour une intégration par API et hébergée en France, permet d’intégrer les signaux utiles dans un dispositif clair, multilingue et auditable. Avec plus de 90 critères paramétrables, une intelligence augmentée explicable et une réduction pouvant atteindre 98 % des faux positifs selon les cas d’usage, nous vous aidons à traiter les alertes avec une hiérarchie plus lisible des priorités. La décision finale reste toutefois entre les mains de l’humain. 

Notre module AP Monitoring s’inscrit dans cette logique. Il vous aide à repérer les opérations atypiques, à réunir les éléments utiles au soupçon, à fiabiliser le traitement en amont et à étayer la décision de déclarer. 

Vous gagnez ainsi en qualité d’analyse, en sécurité documentaire et en continuité opérationnelle. Nous relions également ce travail à notre page dédiée à la déclaration de soupçon, à nos contenus sur le blanchiment et la LCB-FT, ainsi qu’à notre glossaire, afin de stabiliser le vocabulaire et la doctrine interne.

 

Renforcez votre dispositif déclaratif avec AP Solutions IO

 

Si vous souhaitez sécuriser vos processus déclaratifs auprès de TRACFIN, fiabiliser vos analyses et disposer d’une traçabilité fiable et exploitable en cas de contrôle, nous pouvons vous présenter l’intégration d’AP Scan, AP Scoring et AP Monitoring  dans votre chaîne de détection, de qualification et de documentation des opérations suspectes.

Nous concevons des dispositifs clairs pour les équipes, solides face aux régulateurs et durables pour votre architecture de conformité.

 

FAQ

 

TRACFIN peut-il bloquer une transaction ?

 

Oui. TRACFIN peut s’opposer à l’exécution d’une opération qui n’a pas encore été réalisée et qui a été portée à sa connaissance. Cette opposition suspend l’opération pendant dix jours ouvrables à compter de la notification. Le président du tribunal judiciaire de Paris peut ensuite, sur requête, prolonger ce délai ou ordonner un séquestre provisoire.

 

Quelles sanctions en cas de non-déclaration ?

 

Le manquement à l’obligation de vigilance et de déclaration peut engager la responsabilité du professionnel. Le régime précis dépend ensuite du secteur concerné, de l’autorité de contrôle compétente et de la gravité des faits. La violation du secret attaché à la déclaration de soupçon est, pour sa part, pénalement sanctionnée par l’article L. 574-1 du Code monétaire et financier.

 

Le déclarant est-il protégé ?

 

Oui, lorsqu’il agit de bonne foi dans les conditions prévues par la loi. Le Code monétaire et financier prévoit des protections contre certaines poursuites pénales, contre des actions en responsabilité civile et contre certaines mesures préjudiciables ou discriminatoires en matière d’emploi.