L’AMLA, ou Authority for Anti-Money Laundering and Countering the Financing of Terrorism, est la nouvelle autorité européenne chargée de renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Établie à Francfort, elle élabore le corpus réglementaire européen, favorise la convergence des pratiques de supervision et prépare la surveillance directe d’un nombre limité d’établissements financiers.
Au 10 juillet 2026, l’AMLA n’est plus un projet institutionnel en attente de démarrage. Elle fonctionne depuis 2025, conduit déjà des consultations, collecte les données nécessaires à la sélection des futurs établissements supervisés et a publié ses premières orientations communes. Dans ce guide, AP Solutions IO présente les dates à retenir et les conséquences concrètes pour les équipes conformité.
En bref : quel est le calendrier de l’AMLA ?
La montée en puissance de l’autorité repose sur plusieurs échéances précises :
- en 2026, l’AMLA calibre ses modèles de risque, prépare les instruments techniques et identifie les établissements susceptibles d’entrer dans le processus de sélection ;
- en 2027, elle sélectionnera jusqu’à 40 établissements ou groupes financiers pour sa première vague de supervision directe ;
- le 10 juillet 2027, l’AMLR deviendra applicable dans la plupart des secteurs concernés ;
- en 2028, l’AMLA commencera la supervision directe des entités sélectionnées.
Les autres professionnels resteront supervisés par leurs autorités nationales. Ils seront néanmoins concernés par l’harmonisation des règles, des méthodes de contrôle et de certaines données déclaratives.
Qu’est-ce que l’AMLA ?
L’AMLA a été juridiquement créée le 26 juin 2024 et a commencé ses opérations à l’été 2025. Depuis le 1er janvier 2026, elle reprend les missions européennes de convergence LCB-FT auparavant exercées par l’Autorité bancaire européenne.
Son rôle s’organise autour de trois fonctions principales :
- élaborer des normes techniques, lignes directrices et méthodes communes ;
- rapprocher les pratiques des superviseurs nationaux ;
- renforcer la coopération entre les cellules de renseignement financier, comme Tracfin en France.
L’AMLA ne devient pas une cellule de renseignement financier européenne. Les déclarations de soupçon continuent d’être adressées aux cellules nationales compétentes.
Notre analyse sur ce que l’AMLA change pour la conformité détaille ses pouvoirs, son organisation et ses relations avec les autorités nationales.

AMLA, AMLR et AMLD6 : comment distinguer les textes ?
L’AMLA constitue le pilier institutionnel du nouveau paquet européen. Elle doit être distinguée de l’AMLR, qui fixe les principales obligations directement applicables aux professionnels, et de la directive AMLD6, qui encadre notamment les mécanismes nationaux de supervision et les cellules de renseignement financier.
L’AMLR entrera principalement en application le 10 juillet 2027. Il harmonisera notamment les diligences clientèle, l’identification du bénéficiaire effectif, la surveillance continue et certaines règles relatives aux groupes.
Pour comprendre les changements qui toucheront directement les procédures internes, notre guide consacré aux impacts pratiques de l’AMLR présente les obligations à cartographier avant cette échéance.
Quels établissements seront directement supervisés ?
La supervision directe ne concernera pas l’ensemble des professionnels assujettis. Lors du premier cycle, l’AMLA pourra sélectionner jusqu’à 40 établissements de crédit, établissements financiers ou groupes financiers exerçant dans au moins six États membres.
La sélection reposera notamment sur le niveau de risque inhérent, la qualité des contrôles existants et le risque résiduel. Elle sera renouvelée tous les trois ans.
Les entreprises non financières, comme les professions juridiques, l’immobilier, les casinos ou les futurs professionnels assujettis du football, resteront placées sous la supervision de leurs autorités nationales. L’AMLA exercera toutefois des fonctions de coordination et d’évaluation qui contribueront à rapprocher les pratiques de contrôle dans ces secteurs.
Pour les entités sélectionnées, la supervision ne fera pas disparaître les autorités nationales. Elle sera conduite par des équipes conjointes réunissant l’AMLA et les superviseurs compétents dans les États membres concernés.
Calendrier 2026-2028 : quelles étapes sont déjà engagées ?
2026 : collecte des données et construction du corpus technique
En mars et avril 2026, l’AMLA a mené un exercice destiné à tester et calibrer les modèles de risque qui serviront à la sélection de 2027. En mai, elle a publié un nouveau paquet de reporting destiné à identifier les entités provisoirement éligibles.
Les superviseurs nationaux doivent transmettre les informations demandées à l’autorité européenne, qui prévoit de finaliser une première liste d’éligibilité avant la fin de septembre 2026.
L’année 2026 est aussi consacrée aux instruments réglementaires. Les travaux portent notamment sur :
- les diligences à l’égard de la clientèle ;
- la distinction entre relation d’affaires et opération occasionnelle ;
- l’évaluation globale des risques ;
- le suivi continu des relations et des opérations ;
- les obligations applicables au niveau des groupes ;
- la coopération entre les superviseurs nationaux.
Juillet 2026 : premières orientations concrètes
Le 2 juillet 2026, l’AMLA a ouvert une consultation sur un format commun de déclaration des soupçons. L’objectif consiste à rendre les informations plus structurées et comparables entre États membres, tout en conservant des adaptations sectorielles.
Le 8 juillet, elle a publié un rapport final proposant une méthode commune pour évaluer la gravité des manquements LCB-FT et déterminer les mesures de supervision.
Ce projet doit encore être adopté par la Commission européenne avant de devenir juridiquement contraignant. Une consultation ou un rapport final ne doit donc pas être présenté comme une obligation déjà applicable.
Ces publications donnent néanmoins une direction claire : les données devront être plus homogènes, les critères de décision mieux documentés et les résultats plus facilement comparables.
2027 : application de l’AMLR et sélection des entités
L’année 2027 concentrera deux échéances majeures. Le premier processus de sélection commencera au plus tard le 1er juillet et devra être achevé avant la fin de l’année.
L’AMLR deviendra parallèlement applicable le 10 juillet 2027 dans la majorité des secteurs concernés. Certaines dispositions relatives aux agents et aux clubs de football entreront en application plus tard.
Les organisations doivent donc préparer l’AMLR même lorsqu’elles n’entreront jamais dans la supervision directe de l’AMLA. Le règlement modifiera leurs obligations de fond, tandis que l’autorité européenne influencera les méthodes de supervision et les instruments techniques.
2028 : début de la supervision directe
En 2028, l’AMLA assumera la supervision directe des établissements sélectionnés. Cette date ouvre un cycle durable : la liste sera réexaminée tous les trois ans et les travaux réglementaires continueront en parallèle.
La supervision directe ne constitue donc pas l’aboutissement définitif du calendrier. Elle marque le début d’une organisation européenne appelée à évoluer au fil des nouveaux cycles de sélection et des instruments adoptés.
Quelles conséquences pour les professionnels non sélectionnés ?
L’absence de supervision directe ne signifie pas l’absence d’impact. Les superviseurs nationaux continueront d’exercer leurs compétences, mais leurs méthodes seront progressivement rapprochées par les instruments, évaluations et orientations de l’AMLA.
Les professionnels doivent anticiper des attentes plus homogènes sur :
- la qualité des données KYC et KYB ;
- la cohérence des cotations de risque ;
- la surveillance continue des relations et des opérations ;
- la documentation des alertes et des décisions ;
- l’application des procédures au niveau des groupes ;
- la qualité des informations transmises aux cellules de renseignement financier.
Cette convergence peut réduire certaines divergences nationales. Elle impose toutefois aux groupes transfrontaliers un travail initial d’alignement des données, des procédures et des systèmes.

Comment préparer son dispositif dès maintenant ?
Cartographier les écarts avec l’AMLR
La première étape consiste à comparer le dispositif actuel avec les obligations qui deviendront applicables en 2027. L’organisation doit identifier les procédures concernées, les données manquantes, les règles de scoring à revoir et les outils qui nécessitent une adaptation.
La méthode présentée dans notre guide sur les étapes de la mise en conformité permet de structurer cet examen sans attendre la publication du dernier instrument technique.
Renforcer la traçabilité des décisions
Toute cotation, toute alerte ou toute clôture de dossier doit pouvoir être justifiée. La piste d’audit doit restituer :
- les données utilisées ;
- les critères appliqués ;
- les validations réalisées ;
- les modifications apportées ;
- l’historique de la décision.
Chez AP Solutions IO, cette exigence guide la conception des solutions AP Scan, AP Scoring, AP Monitoring et AP Filter. Leur architecture Glass Box vise à rendre les règles et les résultats compréhensibles par les équipes, sans transférer la responsabilité de la décision à l’outil.
Distinguer les projets des règles définitives
Les consultations publiées en 2026 donnent des indications utiles, mais elles ne constituent pas toutes des obligations définitives. Un projet de norme technique doit encore être adopté selon la procédure européenne applicable avant de devenir contraignant.
Une veille utile doit donc identifier le statut de chaque document : consultation, rapport final, ligne directrice adoptée, norme approuvée par la Commission ou texte publié au Journal officiel de l’Union européenne.
AP Solutions IO assure une veille sur ces évolutions et fait régulièrement évoluer ses solutions. L’intégration d’une nouvelle exigence dépend toutefois de son adoption définitive et du périmètre fonctionnel concerné.
Tester la qualité et la comparabilité des données
L’exercice de sélection conduit en 2026 montre que la disponibilité des données devient un sujet de supervision à part entière. Les groupes concernés doivent pouvoir consolider des informations comparables sur leurs entités, leurs clients, leurs risques et leurs contrôles.
Les organisations peuvent également examiner la technologie Glass Box d’AP Solutions IO pour comprendre comment l’explicabilité et l’historisation peuvent soutenir une conformité plus auditable.
Préparer l’AMLR sans attendre 2027
L’AMLA ne crée pas une rupture isolée. Elle accompagne le passage vers un cadre européen plus harmonisé, dans lequel l’AMLR fixe les règles de fond et les superviseurs utilisent progressivement des méthodes plus convergentes.
La priorité consiste à transformer les futures obligations en chantiers concrets : données, KYC, bénéficiaires effectifs, scoring, surveillance transactionnelle, sanctions et gouvernance.
Notre second décryptage des impacts opérationnels de l’AMLR aide à organiser ces travaux par domaine de conformité.
Pour évaluer la qualité des données, la traçabilité des cotations et l’explicabilité des alertes, échanger avec AP Solutions IO permet de rapprocher les futures attentes européennes du dispositif déjà en place.
FAQ sur l’AMLA
Quand l’AMLA devient-elle opérationnelle ?
L’AMLA fonctionne depuis 2025 et exerce déjà ses missions réglementaires et de coordination. Elle a repris les fonctions LCB-FT européennes de l’Autorité bancaire européenne le 1er janvier 2026. Sa supervision directe commencera en 2028.
Combien d’établissements seront directement supervisés ?
Lors du premier cycle, l’AMLA sélectionnera jusqu’à 40 établissements ou groupes financiers exerçant dans au moins six États membres. La sélection sera renouvelée tous les trois ans.
L’AMLA remplace-t-elle l’ACPR ?
Non. L’ACPR continuera de superviser les organismes relevant de son périmètre. Pour les entités sélectionnées, la supervision directe associera l’AMLA et les autorités nationales au sein d’équipes conjointes.
Quelle différence existe-t-il entre l’AMLA et l’AMLR ?
L’AMLA est une autorité européenne. L’AMLR est un règlement directement applicable qui harmonise les obligations de fond imposées aux professionnels à partir du 10 juillet 2027.
Les consultations de 2026 sont-elles déjà obligatoires ?
Non. Elles permettent d’anticiper les futures attentes, mais leur contenu peut évoluer avant l’adoption définitive des normes ou lignes directrices.
Comment une organisation peut-elle se préparer ?
Elle doit cartographier les écarts, vérifier la qualité de ses données, revoir ses procédures et renforcer la traçabilité. Ces travaux restent utiles même lorsqu’elle ne relève pas de la supervision directe.
Sources officielles
- AMLA — Présentation et calendrier de montée en puissance
- AMLA — Calendrier de la supervision directe
- AMLA — Préparation de la sélection des entités en 2027
- AMLA — Consultation sur le format commun de déclaration des soupçons
- AMLA — Méthode commune d’évaluation des manquements publiée le 8 juillet 2026
- EUR-Lex — Règlement AMLR et date d’application

