L’inflation réglementaire affecte toutes les entreprises. Dans des secteurs sensibles, tels que la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, les exigences sont particulièrement strictes en raison des enjeux financiers considérables, et les contrôles de conformité y sont fréquents. Pour de nombreuses organisations, les coûts associés au respect de ces obligations deviennent rapidement significatifs. Les coûts de remédiation après une violation AML significative peuvent atteindre 50 à 100 millions de dollars pour une grande banque. À titre d’exemple concret, TD Bank a été condamnée en octobre 2024 à des pénalités cumulées dépassant 3 milliards de dollars, soit la plus grande sanction AML de l’histoire américaine et soumise à plusieurs années de surveillance indépendante.
Subir les coûts… ou les transformer en levier compétitif ?
A tel point qu’ils sont considérés comme un fardeau de plus en plus lourd. Si l’on exclut d’emblée la tentation (suicidaire…) de privilégier la non-conformité, partielle ou totale, pour réaliser des économies, il existe trois approches pour considérer cette problématique.
Les coûts de la conformité peuvent être, d’abord, perçus comme des dépenses contraintes, une sorte de prélèvement obligatoire auquel on ne peut échapper. C’est l’approche comptable, dans laquelle on intègre les dépenses de conformité au même titre que d’autres.
Ensuite, les coûts peuvent être appréhendés sous l’angle d’une dépense qu’il est possible toutefois d’optimiser pour en freiner l’augmentation. C’est l’approche managériale, qui repose sur l’idée que l’on peut toujours optimiser les processus afin de rendre les coûts de la conformité moins douloureux pour le compte d’exploitation des entreprises.
Enfin, les coûts de la conformité peuvent être considérés comme des leviers de création de valeur. C’est une approche stratégique, dans laquelle la vision à long terme prédomine et les coûts de la conformité sont considérés comme des investissements à valeur ajoutée.
L’approche comptable : la conformité, un mal nécessaire
Dans les entreprises qui privilégient l’approche comptable, la conformité est vécue comme une contrainte extérieure inévitable. Elle est abordée avec une logique de coût : il faut payer pour être en règle, ni plus, ni moins.
Juste cocher les cases : une illusion de sécurité
C’est le règne de ce que les anglo-saxons appellent « Tick The Box » : la gestion de la conformité se résume à « cocher les cases » exigées par les règlementations, sans autres réflexions sur la manière d’optimiser et de créer de la valeur. Cette approche présente deux avantages : d’une part, une simplicité opérationnelle, dans la mesure où l’entreprise se contente d’appliquer la règlementation. D’autre part, les investissements sont limités, notamment pour l’automatisation et la transformation des processus.
Subir au lieu d’anticiper
Mais cette approche comptable présente aussi deux inconvénients majeurs : le premier est que la conformité est vue comme un frein par les équipes opérationnelles. Elle est susceptible de freiner le développement de nouveaux projets de transformation. Le second est que, en se positionnant dans une position purement réactive, l’entreprise subit les changements législatifs au lieu de les anticiper, ce qui peut conduire à des situations de crises coûteuses et à diffuser dans l’organisation un faux sentiment de sécurité/conformité.
L’approche managériale : optimiser les coûts et les processus
Avec cette approche, les entreprises passent d’une situation de « conformité subie » à celui d’une « conformité gérée ». Elle est intégrée aux processus métiers.
Une optimisation bénéfique… mais insuffisante
L’entreprise cherche ainsi à rationaliser les dépenses de mise en conformité en automatisant les contrôles et en centralisant les données, avec des technologies adaptées, notamment celles proposées par les Regtech. Avantages : une efficacité accrue, avec un allègement des tâches administratives, manuelles et chronophages, ainsi qu’une meilleure visibilité, grâce à des tableaux de bord de pilotage et une maîtrise des risques opérationnels.
Le « comment », c’est bien, le « pourquoi c’est mieux » !
Mais cette approche, si elle semble plus pertinente que la simple vision comptable de la conformité, peut introduire une certaine rigidité si les entreprises se focalisent sur l’optimisation permanente, au détriment d’une vision à long terme : gérer le « comment » peut parfois faire oublier le « pourquoi » !
L’approche stratégique : la conformité comme levier de création de valeur
La conformité est pleinement intégrée dans les réflexions stratégiques. Les coûts sont considérés comme des investissements qui permettent de valoriser les actifs de l’entreprise.
La conformité pour mieux vendre
Elle devient même un argument commercial et un pilier de la marque. La conformité n’est plus un dossier parmi d’autres de la direction juridique, c’est un argument de vente.
Autrement dit, les entreprises ne respectent pas les normes et les règlementations parce qu’elles y sont obligées, mais parce que cela renforce la confiance des clients, des investisseurs, des partenaires et des collaborateurs.
Le légal au service de la création de valeur
Ainsi, l’entreprise se distingue par son intégrité dans la lutte contre le blanchiment, la corruption et le financement du terrorisme. En outre, la contrainte réglementaire devient une source de créativité pour inventer de nouveaux produits plus durables ou éthiques. L’enjeu est de transformer une « obligation légale » en un « actif stratégique ».
UN CHANGEMENT CULTUREL… ET DES INVESTISSEMENTS TECHNOLOGIQUES S’IMPOSENT
Cette approche stratégique, la plus vertueuse, exige un changement culturel significatif et un engagement total de la direction générale, du management et de l’ensemble des collaborateurs. La conformité ne peut plus être l’affaire d’une seule équipe juridique : elle doit irriguer toute l’organisation, du front-office aux fonctions support.
Mais la culture seule ne suffit pas. Pour que la conformité devienne réellement un actif stratégique, elle doit s’appuyer sur des technologies capables de la rendre productive, traçable et explicable. C’est précisément là que le choix des outils devient décisif.
Dans le domaine de la LCB-FT, par exemple, les exigences sont telles , détection des personnes sensibles, scoring des risques clients, surveillance des transactions, filtrage des sanctions internationales, … qu’une gestion manuelle ou partiellement automatisée atteint rapidement ses limites. Les faux positifs s’accumulent, les équipes s’épuisent sur des tâches chronophages, et la traçabilité nécessaire en cas de contrôle devient difficile à garantir.
C’est dans cette logique qu’AP Solutions IO a conçu une suite de solutions pensées non pas pour « cocher les cases », mais pour transformer la conformité en levier de performance durable. Grâce à plus de 90 critères paramétrables, ses outils s’adaptent à la politique de risque de chaque organisation et évoluent automatiquement avec les réglementations, sans intervention technique. En définitive, passer de la conformité subie à la conformité créatrice de valeur n’est pas qu’une question de volonté managériale. C’est aussi une question de solutions technologies éprouvées. Ensemble, elles font de la conformité ce qu’elle devrait toujours être : un signe de confiance, pour les clients, les partenaires et les régulateurs.

